Synthèse — La réglementation et les contrôles
Responsabilité, textes, déclaration, contrôles · Hygiène alimentaire en restauration commerciale
Synthèse complète
1 — C’est l’exploitant qui est responsable, pas l’inspecteur

Le règlement européen fondateur fait de celui qui sert l’aliment le responsable de sa sécurité ; l’administration contrôle que la règle est appliquée, elle ne garantit pas l’aliment à votre place. Article 14 du règlement 178/2002 : aucune denrée alimentaire n’est mise sur le marché si elle est dangereuse. Article 17 : les exploitants veillent, à toutes les étapes placées sous leur contrôle, à ce que les denrées répondent aux prescriptions de la législation alimentaire, et vérifient le respect de ces prescriptions.

Ce que cela veut dire
Pour le restaurantLe restaurant qui sert un plat en répond, même si la faute vient d’un fournisseur ou d’un employé ; il doit prouver qu’il a fait ce qu’il fallait.
Pour l’ÉtatIl fixe les règles, contrôle, sanctionne et informe le public ; il ne valide pas vos recettes et ne garantit pas vos plats.
On tient les preuves. Une règle appliquée sans relevé ne protège pas l’établissement le jour où un client tombe malade ou où l’inspecteur demande à voir.
2 — Le paquet hygiène : trois règlements fondateurs, quatre règlements complémentaires

Depuis 2006, les règles d’hygiène sont les mêmes dans toute l’Union européenne ; trois règlements forment le socle, et chacun impose quelque chose de précis à un restaurant. On n’apprend pas les règlements par cœur : on retient que chacun répond à une question, d’où ça vient, comment on travaille proprement, quelles règles de plus pour les produits animaux.

Le règlementCe qu’il fixePour vous
178/2002 · les principesDéfinit le danger, le risque, la traçabilité et la responsabilité de l’exploitant ; interdit de mettre sur le marché une denrée dangereuse (article 14) ; impose de savoir d’où vient chaque produit (article 18) et de retirer, informer et rappeler si un produit est dangereux (article 19).Les factures et bons de livraison classés, et un réflexe de retrait en cas de doute.
852/2004 · l’hygiène de tousS’applique à tous les exploitants, du champ à l’assiette. Son annexe II liste les bonnes pratiques d’hygiène : locaux, équipements, déchets, eau, personnel, denrées, formation. Son article 5 impose des procédures fondées sur les principes de l’HACCP ; ses articles 7 et 8 reconnaissent les guides de bonnes pratiques ; son article 6 impose la déclaration des établissements.La déclaration d’activité, et le plan de maîtrise sanitaire écrit à partir du guide de votre secteur.
853/2004 · les denrées animalesRègles spécifiques aux viandes, produits de la pêche, œufs, lait : températures, agrément des établissements. C’est lui qui fixe la règle de congélation du poisson servi cru contre l’anisakis. Les restaurants qui vendent au consommateur en sont en grande partie dispensés ; ceux qui livrent d’autres établissements doivent être agréés ou bénéficier d’une dérogation.La congélation du poisson servi cru ; l’agrément ou la dérogation seulement si vous livrez d’autres établissements.
Le deuxième étage : quatre règlements complémentaires
Le règlementCe qu’il fixePour vous
2073/2005 · les analysesLes seuils de bactéries acceptables dans les denrées (Listeria, Salmonella, germes témoins d’hygiène) ; la base des analyses d’autocontrôle. Un résultat au-dessus du seuil impose une action : retrait, nettoyage, recherche de la cause.Des analyses de temps en temps.
2017/625 · les contrôlesOrganise les contrôles dans toute l’Union : fréquence selon le risque, inspections sans préavis, prélèvements ; permet aux États de déléguer certains contrôles à des organismes accrédités, ce que la France fait depuis 2024 ; oblige l’exploitant à laisser l’accès aux locaux et aux documents.L’accès laissé à l’inspecteur.
931/2011 · la traçabilitéLes informations qui accompagnent chaque lot de viande, poisson, œufs, produits laitiers : nature, quantité, lot, expéditeur, destinataire, date. Elles figurent sur le bon de livraison ou la facture et permettent de remonter jusqu’au fournisseur en quelques minutes.Les bons de livraison gardés.
1169/2011 · l’informationCe que le client doit savoir : la liste des quatorze allergènes, les dates, l’origine. Le règlement 2021/382 ajoute à l’annexe II du règlement 852/2004 la séparation des allergènes en cuisine et la culture de la sécurité alimentaire : engagement, rôles, moyens, parole libre.La fiche allergènes et les ustensiles dédiés.
Un règlement par besoin. Un seuil d’analyse (2073), un contrôle (2017/625), un bon de livraison (931), une question de client (1169). Le numéro importe moins que le réflexe.
3 — Les textes français qui complètent le paquet hygiène

Les règlements européens s’appliquent directement ; les textes français précisent les températures, les démarches administratives, la formation et l’information du client. On garde la liste de ces textes dans le classeur du plan de maîtrise sanitaire, avec la date de la dernière vérification : un texte change, la procédure change.

Le texteCe qu’il fixeCe qui vous concerne directement
Arrêté du 21 décembre 2009 (produits d’origine animale)Règles sanitaires du commerce de détail, de l’entreposage et du transport ; températures de conservation (annexe I) ; règles de la restauration collective (annexe IV) ; remise directe (annexe V).Les températures de vos enceintes et de vos plats ; le déconditionnement au fur et à mesure ; l’étiquetage des plats livrés à domicile.
Arrêté du 8 octobre 2013 (produits végétaux)Mêmes règles pour les denrées autres que d’origine animale.Les températures des produits végétaux et des plats composés.
Arrêté du 8 juin 2006L’agrément sanitaire et la dérogation à l’agrément.Seulement si vous livrez d’autres établissements.
Code rural, article L. 233-4 et articles D. 233-11 et D. 233-12L’obligation d’avoir dans l’effectif une personne formée à l’hygiène, pour la restauration traditionnelle, les cafétérias et libres-services et la restauration rapide ; l’autorisation des organismes de formation.Cette formation, son attestation, et ses dispenses : trois ans d’expérience comme gestionnaire ou exploitant, ou un diplôme de la liste de l’arrêté du 18 novembre 2024.
Code rural, article L. 201-7L’obligation d’informer l’administration dès qu’une denrée peut présenter un danger pour la santé.Le réflexe de signalement.
Code de la consommation, articles R. 412-12 à R. 412-14L’information écrite sur les allergènes des plats non préemballés.La fiche allergènes et la carte.
Décret n° 2002-1465, modifié par le décret n° 2025-141 du 13 février 2025 (origine des viandes)L’affichage de l’origine des viandes bovines, porcines, ovines et de volailles achetées crues et servies.L’affichage dans la salle ou sur la carte.
4 — Une obligation de résultat, et quelques obligations de moyens

La réglementation fixe le résultat, un aliment sûr, et vous laisse libre des moyens ; sur quelques points seulement, elle impose un chiffre ou un geste précis. Le règlement 852/2004 dit ce qu’il faut obtenir : des locaux propres, des denrées protégées, un personnel formé, des dangers maîtrisés. Il ne dit pas comment : à vous de choisir vos procédures, vos fréquences, vos produits, et de prouver qu’elles marchent. Sans écrit, impossible de prouver : le plan de maîtrise sanitaire est cette preuve.

Les obligations de moyensCe qui est chiffré ou imposé
Les températures de l’annexe I+4 °C au plus pour la plupart des produits sensibles, +2 °C pour la viande hachée et le poisson frais, +3 °C pour les plats cuisinés à l’avance, au moins +63 °C pour les plats chauds ; au congélateur, −18 °C ou −12 °C selon le produit.
Les gestes imposésLa congélation du poisson servi cru ; l’information écrite sur les allergènes ; l’affichage de l’origine des viandes ; la déclaration d’activité ; la personne formée.
−18 °C ou −12 °C : la différence tient au produit. Un produit « surgelé » a été congelé frais et très vite jusqu’à −18 °C à cœur, et doit rester à −18 °C ou moins jusqu’à son utilisation (décret du 9 septembre 1964) ; les glaces, les viandes hachées, les préparations de viandes congelées et les produits de la pêche congelés sont aussi tenus à −18 °C. Les autres denrées congelées, par exemple une sauce à la crème congelée sur place, ont pour maximum −12 °C. En pratique, un seul réglage : le congélateur à −18 °C, qui convient à tout.
Pour tout ce qu’aucun texte ne chiffre, votre procédure écrite devient la règle.
Si elle dit « refroidir en moins de deux heures, jusqu’à moins de +6 °C à cœur » (valeur du guide Restaurateur), l’inspecteur vérifie vos relevés contre cette valeur.
On n’écrit que ce que l’on fait vraiment, et on fait tout ce que l’on a écrit. Une procédure trop ambitieuse se retourne contre l’établissement au premier contrôle.
5 — Déclarer son activité, et quand il faut une dérogation ou un agrément

Tout établissement qui manipule des denrées d’origine animale doit être déclaré avant l’ouverture, et à chaque changement ; c’est gratuit, et c’est l’une des premières pièces que demande un inspecteur.

La déclaration (cerfa 13984)Ce qu’il faut savoir
Qui, et quandL’exploitant de tout établissement qui prépare, transforme ou sert des denrées d’origine animale ou en contenant. Avant l’ouverture, puis à chaque modification importante : changement d’exploitant, d’activité, d’adresse, cessation.
À qui, et commentAu préfet du département, en pratique à la direction départementale en charge de la protection des populations ; par le téléservice du ministère de l’Agriculture ou par le formulaire cerfa n° 13984 ; un récépissé est délivré, à conserver dans le classeur.
Ce que l’on déclareL’identité de l’établissement, l’activité (restauration traditionnelle ou rapide, nombre de places assises), le nombre de personnes qui manipulent les denrées, et les particularités : livraison de repas à domicile, vente à distance, camion-boutique, viande hachée à l’avance.
  • La Table du Marché (traditionnel). Karim a repris le restaurant il y a deux ans : la déclaration a été refaite à son nom, le récépissé est dans le classeur.
  • Le Comptoir de la Gare (rapide). Sofia vend aussi ses repas à distance, par une application de livraison : sa déclaration le précise.
  • La Cafétéria du Parc (libre-service). La cafétéria a ouvert une offre de plats à emporter : l’activité a été ajoutée par une déclaration modificative.
Agrément ou dérogation : quand un restaurant vend à d’autres professionnels

Vendre au consommateur final, ce que l’on appelle la remise directe, n’exige que la déclaration ; livrer d’autres établissements change tout, parce que le produit sort de votre contrôle : il faut alors un agrément, ou une dérogation si les quantités restent limitées.

La situationCe qu’il fautLes exemples
Remise directeVous servez ou vendez au consommateur final : en salle, au comptoir, à emporter, en livraison à domicile. Le produit reste sous votre contrôle jusqu’au client : la déclaration cerfa 13984 suffit.Les trois établissements au quotidien ; Sofia qui livre ses clients par une application : le repas va directement au consommateur, c’est encore de la remise directe.
Dérogation à l’agrémentVous livrez d’autres commerces ou restaurants, mais en quantités limitées et dans un rayon de 80 km au plus ; deux plafonds hebdomadaires selon que ces ventes représentent moins ou plus de 30 % de votre production (viandes fraîches : 800 kg par semaine dans le premier cas, 250 kg dans le second). Déclaration par le cerfa 13982 ; registres des ventes tenus.Nathalie veut livrer 40 repas par jour au restaurant d’entreprise voisin, en plus de ses 250 couverts : moins de 30 % de sa production ; dérogation à demander avant la première livraison.
Agrément sanitaireAu-delà des plafonds ou du rayon, ou si l’on livre des intermédiaires (grossistes, cuisines centrales, plateformes logistiques). Demande par le cerfa 13983 avec un dossier complet (plan des locaux, plan de maîtrise sanitaire, procédures) ; visite d’inspection avant l’agrément ; numéro d’agrément apposé sur les produits. L’agrément se perd si les conditions ne sont plus respectées.Karim ne livre personne : déclaration seule.
Avant d’accepter une commande d’un autre professionnel. On regarde si l’on reste dans la remise directe ; sinon on dépose la dérogation ou la demande d’agrément avant de livrer, jamais après.
6 — Le guide de bonnes pratiques d’hygiène, et les deux étages de maîtrise

Un guide de bonnes pratiques d’hygiène est écrit par la profession, validé par l’État et publié ; l’inspecteur le reconnaît. Il décrit, pour un secteur, les dangers courants, les bonnes pratiques qui les maîtrisent et des exemples de procédures et d’enregistrements. L’exploitant qui l’applique n’a pas à démontrer ce que le guide a déjà démontré, mais il doit l’adapter à son établissement et le compléter là où sa carte diffère.

Le guidePour quiCe qu’il contient
Guide RestaurateurLa Table du Marché (traditionnel) et La Cafétéria du Parc (libre-service)Édition des Journaux officiels, version de novembre 2015 : réception, stockage, préparations, cuisson, refroidissement, service, nettoyage, avec des fiches par danger.
Guide Restauration rapideLe Comptoir de la Gare (rapide)Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide, 2024 : flux rapides, personnel tournant, friture, sauces, livraison.
Deux étages de maîtrise, et le classeur qui les réunit
L’étageCe que c’est
1 · Les bonnes pratiques d’hygiène (BPH)Le socle, valable pour tous les établissements : hygiène du personnel, locaux et matériel, nettoyage et désinfection, lutte contre les nuisibles, eau, températures, réception, stockage, traçabilité. Elles traitent la plupart des dangers sans analyse particulière.
2 · Les procédures fondées sur l’HACCPPour les étapes où une bonne pratique ne suffit pas, on analyse les dangers de chaque recette, on repère les points critiques (cuisson à cœur, refroidissement, poisson cru), on fixe une limite, on surveille, on corrige, on enregistre.
3 · Le plan de maîtrise sanitaire (PMS)Le classeur qui réunit les deux étages, plus la traçabilité et la gestion des non-conformités : c’est le document que l’inspecteur demande en premier.
On commence toujours par les bonnes pratiques. Un établissement qui écrit des procédures HACCP compliquées alors que ses mains, ses enceintes et son nettoyage ne sont pas maîtrisés se trompe d’étage. On télécharge le guide de son secteur, on lit d’abord les fiches qui concernent sa carte, et on écrit ses procédures en partant de celles du guide, en notant ce qui a été adapté et pourquoi.
7 — Retirer, isoler, informer, rappeler : dès qu’un produit peut être dangereux

Un fournisseur vous alerte, un client est malade, une analyse est mauvaise : trois gestes sont obligatoires, dans cet ordre ; le quatrième, le rappel, s’y ajoute dès que des clients ont pu emporter le produit (règlement 178/2002, article 19 ; code rural, article L. 201-7).

Le gesteCe que l’on fait
1 · RetirerDès que l’on sait, ou que l’on a des raisons de penser, qu’un produit est dangereux : on le retire du service et de la vente, immédiatement.
2 · Isoler et identifierLe produit est mis à l’écart, étiqueté « ne pas utiliser », et l’on recherche le lot, le fournisseur, les dates, grâce aux bons de livraison.
3 · Informer l’administrationLa direction départementale en charge de la protection des populations est informée sans délai : c’est une obligation, même si le produit vient d’un fournisseur.
4 · Rappeler si nécessaireSi des clients ont pu emporter le produit (à emporter, livraison), on les informe par tous les moyens ; les rappels nationaux sont publiés sur RappelConso.
RappelConso. Chaque rappel national y est publié avec la photo, le lot et la conduite à tenir. Un restaurant qui achète en grande surface ou chez un grossiste y vérifie les produits de sa réserve lors d’une alerte ; un établissement qui a servi un produit rappelé le retire, informe la direction départementale et garde la preuve du retrait.
On ne « finit pas le lot » et on n’attend pas d’être sûr. Au moindre doute sérieux, on retire, on isole, on appelle la direction départementale, et on note ce qui a été fait, à quelle heure, par qui.
8 — Qui contrôle depuis 2024, combien de contrôles, et comment se déroule une inspection

Décidée en 2022, une seule autorité de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments, pilotée par le ministère de l’Agriculture, remplace l’ancien partage avec la répression des fraudes ; depuis le 1er janvier 2024, la plus grande part des contrôles en remise directe est réalisée par des organismes délégataires.

QuiCe qu’il fait
La DDPPLa direction départementale en charge de la protection des populations, service de l’État dans votre département : elle pilote les contrôles, garde la main sur les suites (mise en demeure, fermeture), reçoit vos déclarations et vos signalements. Dans l’Oise : la DDPP de l’Oise, à Beauvais.
Les organismes délégatairesCinq organismes, sélectionnés en 2023 pour cinq ans et accrédités selon la norme ISO/IEC 17020, réalisent la plus grande part des contrôles en remise directe : près de 70 000 sur 88 000 en 2025. Ils utilisent la grille de l’État ; leurs rapports sont transmis à la direction départementale, qui décide des suites. Un inspecteur délégataire a les mêmes droits d’accès qu’un agent de l’État.
L’ARSL’agence régionale de santé intervient sur la santé des personnes : enquête auprès des malades d’une toxi-infection alimentaire collective, qualité de l’eau, risques pour la population.
La DGCCRFLa direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes garde la loyauté des transactions : étiquetage, origine, prix, publicité, fraudes ; elle peut contrôler votre carte, vos mentions « fait maison » et vos affichages.
43 000 contrôles en 2023, 80 000 en 2024, près de 88 000 en 2025 : le nombre a doublé en deux ans.
Chiffres du ministère, Journal officiel du 21 juillet 2026 ; objectif de la réforme : augmenter de 80 % le nombre de contrôles dans les restaurants, commerces de bouche, grandes et moyennes surfaces et traiteurs
À l’échelle des trois établissements. Aucun restaurant ne peut plus compter sur le fait de ne jamais voir d’inspecteur ; un établissement déjà noté « à améliorer », ou signalé par un client, est revu en priorité. La Table du Marché (traditionnel) n’a encore jamais été contrôlée ; La Cafétéria du Parc (libre-service) l’a été deux fois en un an, après une plainte.
Comment se déroule une inspection

Une inspection suit une grille nationale, la même pour tous ; elle dure le plus souvent d’une à trois heures selon la taille de l’établissement, et se termine par un échange : savoir ce qui va se passer enlève l’essentiel du stress.

L’étapeCe qui se passe
1 · L’arrivéePrésentation de la carte professionnelle et de l’objet du contrôle ; pas de préavis, pendant l’activité. On accompagne l’inspecteur ; on ne lui refuse ni l’accès ni un document.
2 · La visite et la grilleSix chapitres : identification de l’établissement ; locaux et équipements ; maîtrise de la chaîne de production ; traçabilité et gestion des non-conformités ; gestion des déchets et des sous-produits animaux ; gestion du personnel. Chaque ligne est notée, de conforme à non-conformité majeure.
3 · Les documentsLe plan de maîtrise sanitaire, les relevés de températures, la traçabilité, le plan de nettoyage, le contrat de dératisation, les attestations de formation, les analyses, la fiche allergènes. Des prélèvements peuvent être faits.
4 · La conclusionÉchange final sur les écarts constatés ; rapport écrit ensuite, avec le niveau global et, s’il y a lieu, les délais de mise en conformité. Le niveau est publié sur Alim’confiance.
Ce qui fait la différence. Un classeur à jour, des relevés réels, une équipe qui sait répondre à « que faites-vous si… », et une attitude d’ouverture. On désigne à l’avance qui accompagne l’inspecteur en l’absence du patron, et cette personne sait où sont le classeur, les relevés et les attestations.
9 — Les quatre niveaux d’Alim’confiance, et les suites d’un contrôle

Le résultat de chaque contrôle est rendu public sur un site de l’État pendant un an, avec le nom et l’adresse de l’établissement ; vos clients, vos concurrents et les journalistes peuvent le consulter. L’affichage dans l’établissement est possible mais pas obligatoire ; un nouveau contrôle remplace le niveau précédent.

Le niveauCe qu’il signifie
Très satisfaisantAucune non-conformité, ou seulement des non-conformités mineures sans conséquence pour le consommateur.
SatisfaisantDes non-conformités qui ne mettent pas en danger le consommateur ; un rappel de la réglementation est adressé.
À améliorerL’exploitant est mis en demeure (ordre écrit) de corriger dans un délai fixé ; un nouveau contrôle est programmé.
À corriger de manière urgenteLa santé du consommateur est en jeu : fermeture administrative, retrait ou suspension de l’agrément, mesures immédiates.
Les suites, du rappel de la règle au tribunal

Sans écart, ou avec des écarts mineurs : aucune suite, niveau « très satisfaisant ». Au-delà, les suites sont graduées selon la gravité, la répétition et le danger ; la direction départementale les décide, le procureur et le juge les suites pénales.

La suiteQuandCe qui suit
1 · Rappel de la réglementationDes écarts qui ne mettent pas le consommateur en danger.Un courrier rappelle la règle ; on corrige et on garde le rapport. Alim’confiance : « satisfaisant ».
2 · Mise en demeureDes écarts plus sérieux ou répétés, sans danger immédiat.Un ordre écrit fixe le délai ; un nouveau contrôle vérifie la correction. Alim’confiance : « à améliorer ».
3 · Procès-verbal et amendeUne infraction est constatée.L’administration peut proposer, avec l’accord du procureur, une amende transactionnelle, qui éteint les poursuites une fois payée. S’ajoute aux autres suites.
4 · Saisie et destructionDes denrées dangereuses ou non conformes.Elles sont retirées sur place et détruites, à vos frais.
5 · Fermeture administrativeUn danger pour la santé du consommateur.Fermeture immédiate, ou suspension de l’agrément, jusqu’à la remise en état vérifiée par un nouveau contrôle. Alim’confiance : « à corriger de manière urgente ».
6 · TribunalLes faits les plus graves ou répétés.Poursuites pénales de l’exploitant ; les clients lésés demandent réparation devant le juge civil.
À chaque suite, la réponse est la même. Corriger vite, écrire ce qui a été fait et en garder la preuve ; un établissement qui montre sa correction obtient un meilleur niveau au contrôle suivant, et c’est le seul moyen de remplacer la mention publiée.
10 — Les trois risques, le bilan « Bonjour, contrôle sanitaire », et la liste de contrôle

Au-delà du contrôle, un manquement à l’hygiène expose l’exploitant à trois niveaux de conséquences : le risque sanitaire, le risque juridique et financier, et le risque d’image. La prévention coûte toujours moins que la sanction : un thermomètre, un classeur et une heure de formation valent moins qu’un seul jour de fermeture.

Le risqueCe qu’il faut savoir
SanitaireUne toxi-infection alimentaire collective, c’est au moins deux clients malades après un même repas. Avec un plan de maîtrise sanitaire tenu, les relevés, les bons de livraison et le plan de nettoyage montrent en une heure ce qui a été fait, l’enquête cible vite le lot ou l’étape en cause, et la fermeture, si elle a lieu, est courte. Sans relevés ni traçabilité, l’enquête met tout en doute, la fermeture dure le temps de reconstruire un système complet, et l’assurance discute la prise en charge.
Juridique et financierContraventions dressées par procès-verbal, amende administrative ou amende transactionnelle, qui se cumulent par manquement. Servir une denrée dangereuse en le sachant, tromper le client sur la nature ou l’origine d’un produit, faire obstacle à un contrôle : des délits, jugés par le tribunal correctionnel ; en cas de blessure grave ou de décès, les qualifications de blessures ou d’homicide involontaires s’ajoutent, et l’exploitant répond personnellement. Un client malade est indemnisé ; une fermeture coûte le chiffre d’affaires perdu, les salaires, les denrées jetées, la remise en état, et la clientèle qui ne revient pas.
D’imageLe niveau Alim’confiance, visible un an et repris par des applications et des guides ; les avis en ligne, où un client malade écrit même sans preuve ; la presse locale et les réseaux, où une fermeture administrative reste des années en ligne. Le seul remède : un nouveau contrôle avec un meilleur niveau, une réponse honnête et rapide, une cuisine propre à toute heure.
L’assurance. On vérifie que l’assurance responsabilité civile couvre l’intoxication alimentaire et la fermeture administrative, et on lit les exclusions : beaucoup de contrats exigent un plan de maîtrise sanitaire tenu à jour.
Le bilan : jeudi 11 h 30, « Bonjour, contrôle sanitaire »

Jeudi 11 h 30, La Table du Marché (traditionnel). Deux personnes se présentent avec une carte professionnelle : contrôle officiel de la direction départementale. Le service commence dans une demi-heure ; Karim demande aux inspecteurs de repasser plus tard : la réponse est non. Il montre le classeur, tenu chaque jour par Léa ; il manque à la fiche allergènes les deux plats ajoutés à la carte d’été.

La questionLa réponse
Qui répond de la sécurité des plats ?Karim, l’exploitant : l’inspecteur contrôle, il ne garantit rien à sa place.
Que doit-il pouvoir montrer ?Le classeur du plan de maîtrise sanitaire, le récépissé de déclaration, l’attestation de formation.
Quelle suite pour les deux plats absents de la fiche ?La direction départementale décide : un rappel de la réglementation (niveau « satisfaisant ») ou une mise en demeure de compléter la fiche dans un délai (niveau « à améliorer »).
Et ensuite ?Le niveau est publié un an sur Alim’confiance ; une mise en demeure entraîne un nouveau contrôle.
On ne refuse jamais un contrôle et on ne le fait pas attendre. Une personne accompagne l’inspecteur, les autres continuent le service. Chez Sofia, le contrôle tombe un samedi midi : le classeur est au bureau, à l’étage, et personne ne sait où est la clef. Nathalie a prévu un double du classeur à la production et un à la ligne de self : le contrôle ne dérange pas le service. Le classeur est rangé à un endroit que toute l’équipe connaît.
Votre liste de contrôle avant une inspection

Les documents et les affichages qu’un inspecteur demande dans un restaurant, une cafétéria ou un point de restauration rapide ; à cocher pour votre établissement, et à ranger dans un seul classeur.

Document ou affichageCe que l’inspecteur regarde
Récépissé de déclaration (cerfa 13984)Au nom de l’exploitant actuel, activité à jour.
Attestation de formation à l’hygièneIntitulé exact, organisme autorisé, personne présente dans l’effectif.
Plan de maîtrise sanitaireBonnes pratiques écrites, procédures HACCP, à jour.
Plan de nettoyage et de désinfectionQuoi, quand, avec quoi, qui, contrôle ; fiches techniques et fiches de sécurité des produits.
Plan de lutte contre les nuisiblesContrat ou procédure, plan des appâts, passages.
EauFacture du réseau public ou analyses du puits.
Formation du personnelAccueil des nouveaux, consignes signées, rappels.
Relevés de températuresEnceintes, cuisson, refroidissement, remise en température ; chaque jour, signés.
TraçabilitéFactures et bons de livraison classés, étiquettes des lots.
Fiches de non-conformitéÉcarts constatés, actions correctives, dates.
Résultats d’analysesAutocontrôles sur les plats et les surfaces, suites données.
Fiche allergènes et affichageUne ligne par plat, information visible, à jour.
Origine des viandesAffichage en salle ou sur la carte.
Déchets et huiles usagéesContrat de collecte, bordereaux, local propre.
11 — Les ressources du module : vidéos et documents
Tout ce que le module projette en séance : le film, les deux guides, les pages officielles, dans l’ordre où ils apparaissent. Aucun n’est copié ici ; chacun se lit à son adresse.
La sécurité sanitaire des aliments relève d’une responsabilité partagée
FAO, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture · 2020 · 1 min

Le voyage des aliments, de la ferme à l’assiette, et le rôle de chacun : l’État, les producteurs, les exploitants, les consommateurs. À retenir : l’État fixe les règles et contrôle ; dans votre restaurant, c’est l’exploitant qui répond de chaque plat.

Voir le film →

youtu.be/ktBBBjzGgdk

Guide de bonnes pratiques d’hygiène Restaurateur
Édition des Journaux officiels · version de novembre 2015 · ministère de l’Agriculture

Le guide de la restauration traditionnelle : réception, stockage, préparations, cuisson, refroidissement, service, nettoyage, avec des fiches par danger. Pour La Table du Marché (traditionnel) et La Cafétéria du Parc (libre-service).

Télécharger le guide →

agriculture.gouv.fr/sites/default/files/gph_20165905_0001_p000.pdf

Guide de bonnes pratiques d’hygiène Restauration rapide
Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide · 2024 · ministère de l’Agriculture

Le guide des établissements qui vendent au comptoir, à emporter et en livraison : flux rapides, personnel tournant, friture, sauces, livraison. Pour Le Comptoir de la Gare (rapide).

Télécharger le guide →

agriculture.gouv.fr/telecharger/144282

RappelConso, le site officiel des rappels de produits
Gouvernement · site public

Chaque rappel national y est publié avec la photo, le lot et la conduite à tenir. Un restaurant qui achète en grande surface ou chez un grossiste y vérifie les produits de sa réserve lors d’une alerte.

Ouvrir le site →

rappel.conso.gouv.fr

Les chiffres des contrôles : la réponse du ministère à la question écrite n° 13275
Assemblée nationale · Journal officiel du 21 juillet 2026

La réponse du ministère de l’Agriculture au député Philippe Gosselin : 43 000 contrôles en remise directe en 2023, 80 000 en 2024, près de 88 000 en 2025, dont près de 70 000 par les délégataires.

Lire la réponse →

questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-13275QE.htm

Qu’est-ce que le dispositif Alim’confiance ?
Ministère de l’Agriculture · page officielle

La présentation officielle du dispositif, avec la définition de chaque niveau et l’accès au site de consultation. À retenir : le niveau publié est la première image que donne votre établissement à qui le cherche en ligne.

Ouvrir la page →

agriculture.gouv.fr/quest-ce-que-le-dispositif-alimconfiance

Réouverture de restaurant : les coulisses d’un contrôle décisif
Ministère de l’Agriculture · article du 20 février 2026

Un cas réel raconté par le ministère : le contrôle de réouverture d’un restaurant fermé après une inspection, ce que les inspecteurs ont vérifié avant d’autoriser la reprise, et ce que la fermeture a coûté à l’exploitant.

Lire l’article →

agriculture.gouv.fr/reouverture-de-restaurant-les-coulisses-dun-controle-decisif

Le quiz du module 2
JMSA · quinze questions · dix minutes

Une seule bonne réponse par question, correction immédiate, score à la fin ; vous indiquez votre prénom et votre nom, et votre résultat est enregistré pour votre dossier de formation.

Faire le quiz →

quiz-harc-jmsa.pages.dev/module2

12 — Ce qu’il faut retenir
Le pointEn une phrase
1L’exploitant est responsableLe règlement 178/2002 fait de celui qui sert l’aliment le responsable de sa sécurité ; l’inspecteur contrôle, il ne garantit pas.
2Trois règlements fondateurs, quelques textes français178/2002, 852/2004, 853/2004, puis les arrêtés de 2009 et 2013 pour les températures, le code rural pour la formation et le signalement.
3Déclarer avant d’ouvrirLe cerfa 13984 pour tous ; la dérogation ou l’agrément seulement si l’on livre d’autres professionnels.
4Le guide, puis les bonnes pratiques, puis l’HACCPLe guide du secteur est la référence reconnue ; les bonnes pratiques sont le socle ; les procédures HACCP s’ajoutent là où il le faut.
5Retirer, isoler, informer, rappelerTrois gestes obligatoires dès qu’un produit peut être dangereux (retirer, isoler, informer la direction départementale), et le rappel si des clients ont pu emporter le produit.
6Contrôles doublés, résultats publics, suites graduéesPrès de 88 000 contrôles en 2025, un niveau publié un an, une échelle de suites du rappel de la règle au tribunal.
faites glisser le tableau vers la gauche →

Que ce qui est écrit soit fait, et que ce qui est fait soit écrit : une règle appliquée sans relevé ne protège pas l’établissement le jour où l’inspecteur demande à voir.

Ce module est le deuxième des quatre de la formation. Le module 1 vous a appris à nommer les dangers ; celui-ci vous a appris qui en répond, ce que les textes imposent, comment se déroule un contrôle et ce que l’établissement risque. Le module 3 donne les bonnes pratiques d’hygiène de chaque jour, le personnel, les locaux, les produits ; le module 4, la méthode HACCP et le plan de maîtrise sanitaire, le classeur que l’inspecteur demande en premier.
13 — Le quiz du module
Le quiz ferme le module. Il se fait en ligne, sur téléphone ou ordinateur, avec votre prénom et votre nom.
Quiz du module 2 — La réglementation et les contrôles
quinze questions, dix minutes, correction immédiate

Quinze questions dans l’ordre du module, une seule bonne réponse par question ; après chaque réponse, la correction s’affiche avec une explication. Le score apparaît à la fin, et votre résultat est enregistré pour votre dossier de formation : votre formateur le voit de son côté.

Faire le quiz →

quiz-harc-jmsa.pages.dev/module2

JMSA Formation Conseil · Formation spécifique en matière d’hygiène alimentaire adaptée à l’activité des établissements de restauration commerciale · Module 2