Synthèse — Les bonnes pratiques d’hygiène au quotidien
Personnel, locaux, produits · Hygiène alimentaire en restauration commerciale
Synthèse complète
1 — Le personnel : la tenue protège l’aliment, les gants ne sont ni obligatoires partout ni suffisants

Une tenue de travail n’est pas un uniforme : c’est une barrière entre ce que vous apportez de l’extérieur et ce que vous servez. Elle est propre, réservée au travail, et adaptée au poste. Un vêtement porté dans les transports, à la maison ou au jardin apporte des bactéries et des poussières qui n’ont rien à faire près d’un aliment : la tenue de travail reste à l’établissement et se lave à part, à 60 °C au moins.

Le posteLa tenue
En cuisineVeste ou blouse propre et claire, pantalon de travail, tablier changé dès qu’il est souillé, chaussures de sécurité fermées et antidérapantes réservées à la cuisine. Cheveux entièrement couverts (calot, charlotte, toque), barbe couverte ou maîtrisée. Ongles courts, sans vernis ni faux ongles ; aucun bijou, montre comprise ; pas de parfum fort.
En préparation devant le clientMêmes règles pour les mains et les cheveux ; la tenue peut porter les couleurs de l’enseigne, mais elle reste propre et changée chaque jour. Après avoir touché la caisse, l’argent ou le téléphone, on se lave les mains, et on remet des gants neufs si l’on en porte. Les cheveux longs sont attachés et couverts même au comptoir.
En vente et en service sans préparationTenue propre et dédiée, cheveux attachés, mains lavées ; la charlotte n’est pas exigée en salle, mais les serveurs ne touchent les aliments qu’avec des ustensiles. Le serveur qui débarrasse ne dresse pas une assiette sans s’être lavé les mains. Tablier de salle et tablier de cuisine ne se confondent pas.
On arrive en tenue de ville, on se change au vestiaire. On laisse sa tenue de cuisine à l’établissement, et on ne sort jamais fumer ou faire une course en tenue de cuisine.
Les gants : ni obligatoires partout, ni suffisants

Le gant n’est pas une main propre : il se salit comme elle, et il donne un faux sentiment de sécurité. Il est obligatoire sur un pansement, utile devant le client, inutile si les mains sont lavées : un gant porté une heure est plus sale qu’une main lavée, et un gant qui touche la caisse, le téléphone ou les déchets puis l’aliment transporte tout, sans que l’on s’en rende compte.

Les cas
ObligatoireSur un pansement ou un doigtier, pour qu’aucune partie du pansement ne touche l’aliment ; le pansement est de couleur vive (bleu), détectable, et couvert d’un gant propre.
UtileDevant le client, quand on manipule des aliments prêts à manger sans ustensile (sandwiches, garnitures de burgers, dressage) ; pour manipuler des produits très salissants, puis les retirer avant de passer à autre chose.
Inutile, voire nuisibleEn cuisine, loin du client, si les mains sont lavées aux bons moments.
On se lave les mains avant de mettre des gants et après les avoir retirés, et on change de gants à chaque moment où l’on devrait se laver les mains.
Gants à usage unique, jamais lavés, jamais réutilisés, de préférence sans latex (le latex est un allergène) ; la boîte est rangée à l’abri des projections.
2 — Les mains : les moments, la méthode ; malade ou blessé, ce que l’on déclare

Les mains sont le premier vecteur de contamination : elles touchent tout, puis touchent l’aliment. On compte ses lavages de mains sur une matinée : s’il y en a moins d’une dizaine, c’est qu’il en manque. Un lave-mains à portée de chaque poste, toujours équipé, rend la règle possible.

Le momentPourquoi
En arrivant, après une pauseAprès le vestiaire, une pause, un repas ou une cigarette, avant de toucher un aliment ou un ustensile.
Après les toilettesSans exception, même pour « juste une minute ».
Après le cruAprès avoir touché viande, volaille, poisson, œufs en coquille, légumes terreux.
Après les déchetsAprès avoir touché les poubelles, les cartons, le sol, les éponges.
Après le téléphone, l’argentLe téléphone et la caisse sont parmi les objets les plus sales de la cuisine.
Après s’être mouché ou avoir tousséLe nez et la gorge portent le staphylocoque.
Entre deux tâchesDu cru au cuit, du sale au propre, d’un allergène à une autre préparation, et avant une tâche sensible : hacher, monter une mayonnaise, préparer un tartare.
Avant et après les gantsAvant de les mettre, car le gant ne dispense pas du lavage ; après les avoir retirés, car la main transpire dessous.
La méthode du guide, en six gestes, et le matériel
Le gesteComment
1 · MouillerLes mains et les poignets, à l’eau tiède ; le robinet s’ouvre au genou, au pied ou par une cellule.
2 · Prendre du savon liquideAu distributeur ; un savon bactéricide est possible, il n’est pas obligatoire.
3 · Savonner vingt secondesAu moins vingt secondes : paumes, dos des mains, entre les doigts, pouces, ongles, poignets.
4 · Brosser si besoinLes ongles, seulement s’ils sont très sales ; on se relave alors les mains.
5 · RincerAbondamment, à l’eau tiède, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de savon.
6 · EssuyerAvec un essuie-mains à usage unique, jeté dans une poubelle à pédale ; jamais de torchon.
Le lave-mains. Exigé par le règlement 852/2004 : des lave-mains en nombre suffisant et bien placés, réservés aux mains, avec de l’eau courante chaude et froide, et de quoi se laver et se sécher les mains de façon hygiénique. Attendu par l’inspecteur : la commande non manuelle, l’eau tiède, le savon liquide en distributeur, les essuie-mains à usage unique et une poubelle à pédale ; un lave-mains dans la zone de préparation ou tout près, et un à la sortie des toilettes. Le sèche-mains à air chaud est déconseillé ; le torchon est proscrit. Un lave-mains vide est une règle que l’on a décidé de ne pas appliquer.
Malade, blessé : ce que l’on déclare et ce que l’on ne touche pas

Un salarié qui a la diarrhée, qui vomit, qui a une angine ou une plaie infectée peut contaminer des centaines de repas en une journée ; le dire n’est pas une faute, c’est une protection. Le règlement 852/2004 interdit à toute personne atteinte d’une maladie transmissible par les aliments, ou souffrant de plaies infectées ou de diarrhée, de manipuler les denrées, et lui impose d’informer immédiatement l’exploitant.

Ce que l’on fait
Ce que l’on déclareDiarrhée, vomissements, fièvre, angine, rhume important, infection de la peau, plaie infectée, panaris, écoulement du nez ou des yeux. On le dit au responsable avant le service, ou dès que cela commence.
Ce que l’on ne fait pasManipuler des denrées, surtout prêtes à manger, tant que les symptômes durent, et pendant au moins 48 heures après la fin d’une diarrhée ou de vomissements. Rhume ou plaie protégée : un poste sans contact avec les aliments reste possible (réception, plonge, salle). Diarrhée ou vomissements : ni cuisine ni salle.
Une plaie, une coupureNettoyer, désinfecter, pansement bleu étanche, doigtier ou gant par-dessus ; on change le gant chaque fois qu’on devrait se laver les mains, et le pansement dès qu’il est mouillé ou sale. Une plaie qui suppure interdit toute manipulation jusqu’à guérison.
Le suivi médicalL’ancien certificat médical obligatoire pour manipuler des denrées n’existe plus ; le salarié bénéficie de la visite d’information et de prévention de la médecine du travail dans les trois mois de son embauche. Le responsable peut demander un avis médical en cas de doute.
Malade ou blessé, on le dit, on ne touche pas aux aliments, et le planning se réorganise. Aucun service ne vaut une toxi-infection. Le responsable note l’absence ou le changement de poste.
3 — La marche en avant et les zones : le sale ne croise jamais le propre

Les denrées avancent du plus sale vers le plus propre, sans jamais revenir en arrière ; la vaisselle sale, les déchets et le personnel ont leurs propres circuits, qui ne traversent pas les zones saines. Le règlement impose ce résultat, des locaux conçus pour éviter la contamination entre les opérations, sans imposer de plan de locaux : quand la place manque, on sépare dans le temps.

Le circuit des denrées, du camion à l’assietteZone
Réception : contrôle, décartonnageSouillée : cartons, emballages, terre, déchets
Réserves froides ou sèches, avec emballagesSouillée
Préparations préliminaires : légumerie, sortie des emballagesSouillée
Préparation des crus : viandes, poissons, volaillesSaine : produits sortis de leurs emballages
Cuisson et refroidissementSaine
Préparations froides : dressage, service en salleSaine
  • Vaisselle sale : de la salle à la plonge, sans traverser les préparations.
  • Déchets : de chaque poste au local à déchets, par le chemin le plus court.
  • Personnel : vestiaire, tenue propre, lavage des mains, puis la cuisine.
Zones souillées, zones saines, et la séparation dans le temps
Les zones souilléesLes zones saines
La réception et le décartonnage ; les réserves froides comme la réserve sèche, tant qu’elles contiennent des produits dans leurs emballages ; la légumerie et le poste où l’on sort les produits de leurs emballages ; la plonge, le local à déchets, les vestiaires et les toilettes.La préparation froide et le dressage : ce qui est prêt à manger ne sera plus cuit ; la préparation des crus et la cuisson, avec des produits sortis de leurs emballages ; une réserve décartonnée, sans aucun emballage. On y entre en tenue propre, les mains lavées, sans carton ni poubelle.
La séparation dans le temps. Quand une seule paillasse sert à tout, on ne fait jamais deux tâches en même temps : on commence par la moins contaminante (les préparations froides) et on finit par la plus contaminante (les légumes terreux, les viandes crues), avec un nettoyage et une désinfection de la surface entre les deux. Le planning écrit cet ordre, et le plan de nettoyage prévoit le nettoyage entre deux tâches.
  • La Table du Marché (traditionnel). Karim a tracé une bande rouge au sol entre la légumerie et la préparation froide ; aucun carton ne la franchit.
  • Le Comptoir de la Gare (rapide). Sofia n’a qu’une paillasse : les crudités d’abord, puis nettoyage et désinfection, puis les viandes crues.
  • La Cafétéria du Parc (libre-service). Nathalie a une plonge pour la batterie et une pour la vaisselle : la vaisselle sale ne traverse jamais la cuisine.
On sait dans quelle zone on se trouve et ce qui a le droit d’y entrer. Quand on passe du souillé au sain, on se lave les mains et on change de tablier ou de gants ; on ne traverse jamais la zone de préparation avec un carton, une poubelle ou de la vaisselle sale, même pour gagner une minute.
4 — Nettoyer n’est pas désinfecter : les quatre facteurs TACT et les cinq étapes

Le nettoyage enlève les salissures que l’on voit ; la désinfection réduit les micro-organismes que l’on ne voit pas. Le premier prépare le second, et aucun des deux ne remplace l’autre : sans nettoyage, le désinfectant n’atteint pas la surface, il reste sur la couche de graisse. La désinfection ne stérilise pas : elle ramène les microbes à un niveau acceptable.

NettoyerDésinfecter
ObjectifUne surface propre à l’œil, sans graisse ni résidu alimentaire.Réduire les micro-organismes jusqu’à un niveau qui ne présente plus de danger.
MoyenUn détergent, de l’eau chaude, une action mécanique (frotter, racler), puis un rinçage.Un désinfectant autorisé, à la bonne dose, pendant le temps de contact indiqué, puis un rinçage à l’eau potable sur les surfaces qui touchent les aliments.
RésultatLa salissure est partie, mais une partie des microbes reste sur la surface.Une surface propre et saine, jusqu’à la prochaine utilisation.
Les produits deux-en-un. Un détergent-désinfectant fait les deux actions en une seule application, mais seulement sur une surface peu sale. Sur une surface grasse, on nettoie d’abord, on rince, puis on repasse le produit pour désinfecter. Dans tous les cas, on respecte le temps de contact, et on rince les surfaces qui touchent les aliments.
TACT : les quatre facteurs qui font qu’un produit agit
Le facteurCe qu’il faut savoirLe repère
TempératureL’eau chaude dissout les graisses et accélère l’action du produit ; trop chaude, elle fixe les protéines sur la surface et dégrade certains désinfectants, comme le chlore.Tiède à chaude pour nettoyer ; pour désinfecter, la fiche technique.
Action mécaniqueFrotter, racler, brosser, ou la pression d’un jet : l’énergie qui décolle la salissure.Une surface grasse se frotte ; une surface lisse peu sale se passe à la lavette.
ConcentrationLa dose par litre d’eau, lue sur la fiche technique : en dessous, le produit n’agit pas ; au-dessus, il laisse des résidus.Doseur, pompe ou centrale de dilution ; jamais « au jugé ».
TempsLe temps pendant lequel le produit reste sur la surface, souvent cinq à quinze minutes selon l’étiquette.Essuyer tout de suite annule la désinfection ; le temps est écrit dans le plan.
Les quatre facteurs se compensent, mais on n’invente pas de « double dose ». Un lave-vaisselle à 60 °C avec une forte pression a besoin de peu de produit et de peu de temps ; un nettoyage à la main, à l’eau tiède, sans frotter, demanderait beaucoup de produit et beaucoup de temps. Quand un facteur manque, on compense avec un autre, et on l’écrit dans le mode opératoire.
Les cinq étapes d’un nettoyage et d’une désinfection réussis
L’étapeComment
1 · DébarrasserEnlever les déchets, racler les restes, ranger les ustensiles ; éloigner ou protéger les aliments et les emballages.
2 · NettoyerDétergent dosé, eau chaude, action mécanique sur toute la surface, y compris les bords, le dessous et l’arrière.
3 · RincerÀ l’eau potable, pour enlever le détergent et les salissures décollées ; une surface rincée n’est plus glissante.
4 · DésinfecterDésinfectant autorisé, dose et temps de contact de l’étiquette ; on ne frotte plus, on laisse agir.
5 · Rincer et sécherRinçage à l’eau potable des surfaces qui touchent les aliments, puis séchage à l’air libre ou au papier à usage unique.
Le matériel de nettoyage et les erreurs qui annulent tout. Lavettes à usage unique ou lavées à 60 °C chaque jour ; l’éponge classique est à éviter, parce qu’elle ne se désinfecte pas et reste humide ; brosses et raclettes nettoyées et rangées à sécher, avec un code couleur par zone. Les erreurs : essuyer le désinfectant tout de suite ; mélanger détergent et désinfectant dans le même seau ; nettoyer de bas en haut ; reposer un ustensile propre sur une surface non désinfectée ; oublier les poignées, les boutons et les interrupteurs. On nettoie du plus propre au plus sale et du haut vers le bas, et on finit par le sol.
5 — Le plan de nettoyage, les produits, la plonge et les torchons

Quoi, quand, avec quoi, comment, qui, et comment on vérifie : un tableau par zone, affiché sur place et signé à chaque exécution. C’est l’une des premières pièces du plan de maîtrise sanitaire que demande l’inspecteur. On signe le plan après avoir fait la tâche, jamais avant ; une case non signée est une tâche non faite, et c’est ce que lit l’inspecteur.

Quoi (cuisine de La Table du Marché)QuandAvec quoiCommentQuiVérification
Plans de travail inoxAprès chaque tâche et en fin de serviceDétergent-désinfectant pour surfaces alimentaires, dose de la fiche techniqueDébarrasser, nettoyer, rincer, désinfecter, laisser agir, rincer, laisser sécherLéa ou Théo, selon le posteVisuel à chaque service ; contrôle de surface une fois par mois
Planches à découperAprès chaque usage ; lave-vaisselle en fin de serviceDétergent, puis lave-vaisselleUne couleur de planche par famille de produits ; racler, laver, passer en machine, sécher deboutCelui qui l’a utiliséeSurface sans entaille profonde ; planche rayée remplacée
Fourneau, friteuseChaque jour en fin de service ; friteuse à chaque changement d’huileDégraissant fort, avec gants et lunettesFriteuse à froid, fourneau tiède ; rinçage soigneuxLéa (fermeture)Visuel par Karim chaque matin
Hotte et filtresFiltres chaque semaine ; conduits par une entreprise une ou deux fois par anDégraissant ; lave-vaisselle pour les filtresDémonter, laver, sécher, remonterThéo, le lundiFiche signée ; attestation de l’entreprise, demandée par l’assureur
Sol de la cuisineChaque jour en fin de serviceDétergent-désinfectant pour solsBalayage humide, lavage, raclage vers le siphon, siphon nettoyéThéo (fermeture)Visuel ; siphon vérifié chaque semaine
Chambre froideÉtagères chaque semaine ; vidage complet, joints et grille chaque moisDétergent-désinfectant pour surfaces alimentairesProduits sortis sur un chariot réfrigéré, nettoyage, rinçage, désinfection, séchage, remise en placeLéa et ThéoFiche signée ; température relevée après la remise en route
Poubelles et local déchetsPoubelles chaque jour ; local chaque semaineDétergent-désinfectant, jet d’eauVider, laver, désinfecter, sécher retournéesThéo, ou le serveur de fermetureVisuel ; absence d’odeur et de nuisibles
faites glisser le tableau vers la gauche →
On affiche le plan dans la zone qu’il concerne, avec un stylo attaché. On y écrit les vrais produits et les vrais postes de la maison, pas ceux d’un modèle. Au Comptoir de la Gare (rapide), le plan du poste chaud et du comptoir, pour une semaine, dit quoi, quand, avec quoi, comment et qui ; la case du jour est signée après la tâche, et Sofia contrôle le dimanche soir : cases toutes signées, surfaces vues propres, un prélèvement de surface envoyé au laboratoire.
Les produits : conformes, jamais mélangés, rangés à part

Un produit de nettoyage ou de désinfection est un produit chimique : il peut contaminer un aliment, brûler une peau, ou dégager un gaz toxique s’il est mélangé. On le choisit, on le dose, on le range, on se forme.

La règleCe qu’il faut savoir
Contact alimentaireDétergents et désinfectants portant la mention « contact alimentaire » ; les désinfectants sont des biocides autorisés ; les normes EN 1276 et EN 13697 sur l’étiquette attestent l’activité bactéricide.
Fiches à conserverLa fiche technique donne la dose, le temps de contact et la température ; la fiche de données de sécurité dit comment se protéger et quoi faire en cas d’accident. Au classeur, à jour, pour chaque produit.
PictogrammesCorrosif, irritant, toxique, dangereux pour l’environnement : les losanges rouges disent le risque pour la personne. Gants et lunettes selon la fiche ; jamais de transvasement dans une bouteille d’eau.
Jamais mélangésJavel + détartrant ou vinaigre : chlore gazeux ; Javel + ammoniaque : chloramines ; deux mélanges qui envoient à l’hôpital. Produits étiquetés, rangés dans un placard ou un local fermé, hors des zones où les denrées sont manipulées, jamais au-dessus d’un plan de travail.
La plonge, le lave-vaisselle et les torchons
L’étapeComment
1 · Dérocher, prélaverRacler les restes dans la poubelle ; pré-rincer à la douchette et trier la vaisselle et la batterie ; ne jamais laisser tremper la vaisselle sale des heures dans une eau tiède.
2 · LaverEn machine : cycle complet, détergent dosé par la pompe, paniers non surchargés. À la main : bac réservé, eau chaude, détergent, brosse.
3 · Rincer à haute températureLa machine rince entre 80 et 90 °C selon les fabricants : c’est cette température qui désinfecte. À la main : rinçage à l’eau potable chaude, puis désinfection si le plan le prévoit.
4 · Sécher à l’airÉgouttoir, casiers, ustensiles rangés debout ; jamais de torchon. La vaisselle est rangée sèche, à l’abri des éclaboussures et de la poussière.
Le torchon qui sert à tout est le premier objet à bannir d’une cuisine. Il garde l’humidité et les microbes, et les redépose sur tout ce qu’il touche : il ne sert ni à sécher la vaisselle, ni à essuyer les mains, ni à nettoyer un plan de travail. Pour les mains et les surfaces : papier à usage unique ; pour saisir un plat chaud : une manique ou un gant propre, changé chaque jour. S’il reste des torchons, chacun sert une seule journée et part au lavage à 60 °C au moins. On vérifie chaque matin la température de rinçage affichée par la machine et on la note.
6 — Les nuisibles, l’eau et la glace, les déchets et les biodéchets

Rongeurs, cafards, mouches, mites alimentaires, oiseaux et animaux domestiques apportent des bactéries, des parasites et des souillures. Le règlement impose des méthodes adéquates de lutte ; le guide en fait un plan écrit : prévenir, surveiller, intervenir.

Ce que l’on fait
PrévenirPortes fermées ou à fermeture automatique, moustiquaires aux fenêtres qui s’ouvrent, grilles sur les siphons, passages de tuyaux colmatés, pas de déchets ni de cartons qui traînent, produits secs dans des bacs fermés, abords dégagés.
SurveillerPièges à glu et lampes à insectes à l’intérieur, postes d’appâtage sécurisés et numérotés à l’extérieur, un plan de leur emplacement, une visite régulière notée ; chacun signale une crotte, une trace de rongement, un insecte.
IntervenirDès un signe : identifier, boucher, nettoyer, traiter. Les rodenticides et insecticides professionnels sont réservés aux personnes formées (certificat Certibiocide) : un prestataire, qui laisse un rapport de passage, ou un salarié titulaire du certificat, qui note ses interventions.
Ce que l’inspecteur regarde. Le contrat ou la procédure, le plan des postes, les rapports de passage, et surtout l’absence de traces : il ouvre les placards bas, regarde derrière les équipements et sous la plonge, et ouvre les sacs de farine et de riz de la réserve sèche, où vivent les mites. Aucun animal domestique n’entre en cuisine. On ne pose jamais soi-même de poison en cuisine.
L’eau et la glace

L’eau qui touche un aliment, une surface ou une main doit être potable ; la glace est un aliment comme un autre ; l’eau non potable, si elle existe, circule dans un réseau séparé et signalé. Sur le réseau public, le distributeur en répond jusqu’au compteur ; à l’intérieur, c’est l’exploitant qui répond de ses canalisations, de son adoucisseur et de son ballon d’eau chaude. Un puits ou une source privée demande une autorisation préfectorale et des analyses régulières.

La règle
L’eau du robinetElle sert à laver les aliments, les mains et le matériel, et à fabriquer la glace et la vapeur. On garde la facture d’eau, preuve du raccordement au réseau public, ou les résultats d’analyses du puits. Un adoucisseur ou un filtre s’entretient selon sa notice ; un filtre oublié devient un nid à microbes.
La glaceFabriquée à partir d’eau potable, dans une machine nettoyée et désinfectée selon le plan de nettoyage, bac fermé. On la prend avec une pelle réservée, rangée hors du bac, jamais avec un verre ni avec les mains ; on ne remet jamais dans le bac une glace qui a servi.
L’eau non potableEau de pluie récupérée, eau d’incendie, eau de refroidissement : réseau à part, robinets signalés, aucune connexion avec l’eau potable ; elle ne sert jamais au lavage des aliments, des mains ni des surfaces. Dans un restaurant, le plus simple est de n’en avoir aucune.
Déchets, biodéchets, huiles usagées et bac à graisses
Ce que l’on fait
Collecter au fur et à mesurePoubelles à pédale ou à commande non manuelle, avec sac, à chaque poste ; vidées après chaque tâche salissante et en fin de service, jamais pleines à ras bord. Mains lavées après chaque manipulation de déchets.
Évacuer et stockerLocal ou aire réservée, fermée, propre, nettoyée chaque semaine, à l’écart des denrées et des clients ; conteneurs fermés ; cartons pliés et stockés hors cuisine. Sortie des déchets hors des heures de livraison, sans traverser la zone saine.
Trier les biodéchetsÉpluchures, restes de préparation et d’assiettes, marc de café : bac dédié et fermé, collecté par la collectivité ou un prestataire ; attestation conservée. Obligatoire pour tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, sans seuil.
Huiles et graissesHuiles de friture usagées collectées à part, dans un fût fermé, par un collecteur ; jamais à l’évier ; bordereau conservé. Bac à graisses vidangé par une entreprise ; bordereau conservé.
Les périmés et les invendusIsolés, identifiés « produits périmés », stockés au plus 24 heures (48 heures le week-end) dans un contenant fermé, puis évacués avec les biodéchets après avoir été rendus impropres à la consommation (emballage ouvert ou déchiré), sans produit chimique.
7 — Réceptionner, c’est contrôler cinq choses, puis accepter ou refuser

La livraison est le seul moment où l’on peut encore dire non ; cinq contrôles, toujours les mêmes, et une décision : accepter, accepter sous réserve (utilisation immédiate, réserve écrite sur le bon), ou refuser. On ne signe jamais un bon de livraison sans avoir contrôlé ; on note la température relevée dessus, et on range la livraison avant de reprendre son poste.

Le contrôleCe que l’on regarde
1 · La températureThermomètre à sonde entre deux emballages, puis à cœur si besoin ; l’infrarouge ne fait que repérer. Chaque famille a sa température maximale ; le guide admet 2 °C de plus, mais la direction générale de l’alimentation n’en admet aucune pour la viande hachée, le poisson frais, les crustacés et mollusques cuits.
2 · Les dates et l’étiquetageDate limite de consommation suffisamment éloignée pour être utilisée, numéro de lot, dénomination, origine. Marque d’identification ovale sur les produits d’origine animale ; étiquette sanitaire sur les coquillages vivants, à garder deux mois après l’ouverture du colis.
3 · Les emballagesIntacts, propres, secs ; pas de carton écrasé, mouillé, givré (signe de décongélation), pas de boîte bombée ou cabossée ; les produits sous vide ne sont ni gonflés ni percés.
4 · Le véhicule et le livreurCaisse propre, froid en marche et affiché, produits séparés par famille, pas de produit au sol ; livreur en tenue propre, qui ne pose pas les cartons par terre devant la cuisine.
5 · La conformité à la commandeQuantité, référence, calibre, et le bon de livraison qui correspond. Puis le rangement, sans attendre : surgelés d’abord, réfrigérés ensuite, le sec en dernier.
Mesurer, comparer, décider : les tolérances à la livraison
Les produitsTempérature maximaleÀ la livraison
Viandes hachées, poissons frais, crustacés et mollusques cuits+2 °C ; le poisson sous glace fondante, entre 0 et +2 °CAucune tolérance : leur température est fixée par le règlement européen 853/2004 ; au-dessus de +2 °C, refus.
Autres produits réfrigérés : volailles, viandes, produits laitiers, plats préparésDe +3 °C à +8 °C selon la familleTolérance de 2 °C (guide Restaurateur) : jusqu’à 2 °C au-dessus, on accepte mais on utilise le produit tout de suite ; plus chaud, refus.
Surgelés, glaces et produits congelés à −18 °C−18 °CTolérance de 2 °C : jusqu’à −16 °C, on accepte et on range aussitôt ; plus chaud, ou givre et carton ramolli, refus.
Plats livrés chauds+63 °C au moinsEn dessous de +63 °C, refus.
Le thermomètre. La sonde fait foi. L’étalonnage par un laboratoire n’est pas exigé, mais la vérification l’est : sonde plongée dans un verre de glace pilée et d’eau, le thermomètre doit afficher 0 °C, à 1 °C près, au moins une fois par an, résultat noté. Le thermomètre infrarouge ne mesure que la surface, à 2 °C près environ : il repère, il ne décide pas.
Les marques, et ce que l’on fait d’un produit non conforme

La marque d’identification ovale (pays, numéro d’agrément, « UE ») prouve que le produit vient d’un établissement agréé ; un produit livré par un commerce local sous dérogation n’en porte pas. L’étiquette sanitaire des coquillages vivants (espèce, origine, centre d’expédition, date de conditionnement) se garde deux mois au moins après l’ouverture du colis : en cas d’intoxication, elle permet de retrouver le lot.

Refuser, isoler, enregistrer. Refus sur place : le produit repart dans le camion, la mention « refusé, température +6 °C » est écrite sur le bon et signée par le livreur. Si le livreur est déjà parti : le produit est isolé, étiqueté « non conforme, ne pas utiliser », le fournisseur est informé le jour même. Chaque livraison de produits réfrigérés ou surgelés est contrôlée, sans exception ; un fournisseur qui livre deux fois hors température est signalé au responsable. Une fiche de réception par livraison : sans écrit, le contrôle n’a pas existé aux yeux de l’inspecteur, ni de l’assureur.
8 — Ranger : décartonner, le froid positif, le froid négatif, la réserve sèche

Les cartons sont des véhicules à bactéries, à insectes et à fibres : on les retire dès la réception, zone souillée, et aucun n’entre en zone de préparation ni dans la chambre froide. Les produits passent dans des bacs propres de l’établissement, filmés ou couverts ; l’étiquette d’origine, avec le numéro de lot et la date limite, est découpée ou photographiée et gardée tant que le produit est en stock. Chaque famille a sa place : le cru n’est jamais rangé au-dessus du prêt à manger ; les produits entamés sont refermés, filmés, étiquetés avec la date d’ouverture.

L’armoire réfrigérée, de haut en basCe que l’on y range
Étage du hautPréparations finies, produits cuits, prêts à manger, desserts : ce qui ne sera plus cuit.
Étage du milieuProduits laitiers, œufs, charcuteries, produits entamés étiquetés.
Étage du basViandes, volailles, poissons crus, dans des bacs fermés : rien ne peut couler sur ce qui est dessous.
Bacs du fond ou enceinte à partFruits et légumes bruts, lavés et non lavés séparés ; jamais de carton.
Les règles et les contrôles du froid positif. Rien au sol, rien contre les parois, pas de surcharge : l’air froid doit circuler. Chaque denrée est couverte et étiquetée : nature, date d’ouverture ou de fabrication, date limite. Les enceintes sont réglées pour le produit le plus exigeant qu’elles contiennent, et cette valeur est affichée sur la porte. Relevé de température deux fois par jour, à heure fixe ; tout dépassement déclenche une action notée : réglage, frigoriste, transfert des produits. Dégivrage et nettoyage planifiés ; joints de porte vérifiés.
Les températures de conservation : le tableau de l’annexe I
Le produitMaximum
Viandes hachées ; viandes séparées mécaniquement+2 °C
Poissons frais ou décongelés, crustacés et mollusques cuits+2 °C (glace fondante)
Préparations culinaires élaborées à l’avance ; abats de bœuf, de veau, de porc, d’agneau+3 °C
Volailles, lapins ; préparations de viandes ; morceaux de découpe ; ovoproduits (sauf UHT) ; lait cru ; autres denrées très périssables+4 °C
Carcasses entières et pièces de gros+7 °C
Autres denrées périssables (yaourts, desserts lactés…)+8 °C
Glaces ; viandes hachées et préparations de viandes congelées ; produits de la pêche congelés ; produits surgelés−18 °C
Autres denrées congelées−12 °C
Plats livrés chauds ou remis chauds au client+63 °C au moins
Le froid négatif : −18 °C et jamais de recongélation. Le congélateur arrête la multiplication des bactéries mais ne les tue pas : à la décongélation, elles se multiplient de nouveau. Un produit décongelé, même partiellement, ne se recongèle jamais en l’état ; un carton givré à la livraison est le signe d’une décongélation en route : il se refuse. Produits suremballés, fermés, étiquetés (nature, date de congélation, date limite, lot d’origine) ; toute pièce sans étiquette est jetée ; relevé quotidien ; dégivrage régulier, porte fermée vite.
La réserve sèche et les produits d’entretien. La réserve sèche, comme toute réserve qui contient des cartons ou des emballages, est une zone souillée : on n’y prépare rien. Rangement par famille sur des étagères lisses, à 15 cm du sol au moins, loin des murs humides ; la date limite la plus proche devant ; produits entamés refermés dans des boîtes fermées et étiquetées. Les produits d’entretien ont leur place à part, fermée et identifiée, jamais sous un évier de préparation. Une fois par semaine, le tour complet de la réserve : insectes, humidité, rangement.
9 — Les dates : DLC, DDM, DLC secondaire, premier entré premier sorti

Deux dates, deux sens : « à consommer jusqu’au » interdit de servir le produit après la date ; « à consommer de préférence avant » parle de qualité. Le tour des dates se fait chaque soir, après le service : on jette tout produit dont la DLC est le jour même ou déjà passée, et on retire de la cuisine les produits à DDM dépassée.

La dateCe qu’elle impose
La DLC, « à consommer jusqu’au »Date limite de consommation : au-delà, le produit est réputé dangereux ; il se jette, même s’il paraît bon. Produits très périssables : viandes, poissons, charcuteries, produits laitiers frais, plats préparés. Servir un produit dont la DLC est dépassée est interdit et sanctionné pénalement.
La DDM, « à consommer de préférence avant »Date de durabilité minimale : après, le produit peut perdre goût et texture, sans être dangereux s’il est intact. Produits secs, conserves, surgelés, huiles. Ce n’est pas une date impérative, mais le produit doit rester « de qualité loyale et marchande » : on n’utilise pas un produit dont la DDM est dépassée.
La DLC secondaire : la date que l’on fixe soi-même

Dès qu’un produit est ouvert, déconditionné ou préparé dans l’établissement, la date du fabricant ne suffit plus : l’établissement fixe une nouvelle date limite, la justifie et l’écrit sur l’étiquette. Elle ne dépasse jamais la date limite du fabricant, sauf si un traitement, comme une cuisson, réduit les microbes.

Le produitDLC secondaireD’où vient cette durée
Crème fraîche entamée3 jours après ouverture, sans dépasser la DLCMention du fabricant sur l’emballage
Œufs liquides pasteurisés48 heures après ouvertureFiche du fournisseur ; le guide cite de 24 heures à 6 jours selon les fournisseurs
Mayonnaise maison24 heures au plus, à moins de +3 °CGuide Restaurateur, fiche « sauce mayonnaise »
Steak tartareServi aussitôt préparéGuide Restaurateur, fiche « steak tartare »
Sauce, fond, mijoté maison, refroidi rapidement après la cuissonJ+3 : le troisième jour après la fabricationValeur de référence : règle écrite pour la restauration collective
Produit décongelé au froid72 heures après la décongélationGuide Restaurateur, congélation et décongélation
Tout ce qui est ouvert ou fabriqué est daté dans la minute, sinon il est jeté.
Étiquette interne : produit, fabriqué le, DLC secondaire, par qui, allergènes ; des étiquettes et un marqueur à chaque poste
Premier entré, premier sorti. Le produit arrivé en premier, ou dont la date est la plus proche, est utilisé en premier. À la livraison, les produits nouveaux se rangent derrière ceux du stock ; la date d’ouverture et la nouvelle date limite sont écrites sur chaque produit entamé ; ce qui périme dans les deux jours passe en tête ou au menu du jour ; ce qui est périmé est retiré, noté comme perte, et la cause est cherchée. On confie le tour des dates à une personne nommée, pas à « tout le monde ».
10 — Décongeler, laver, cuire, refroidir, congeler, remettre en température, servir ; le bilan d’une matinée

L’arrêté du 21 décembre 2009 admet deux méthodes de décongélation : l’enceinte réfrigérée, entre 0 °C et la température maximale du produit, ou la cuisson du produit encore congelé. Décongeler à l’air libre, sur le plan de travail ou sous l’eau est interdit (seuls le pain et les viennoiseries le peuvent), et un produit décongelé ne se recongèle jamais en l’état. Le produit décongelé est étiqueté, utilisé dans les 72 heures, et signalé au client s’il est servi sans cuisson.

L’étapeLa règleLa valeur
Laver et décontaminer les végétaux servis crusTrois bains, dans cet ordre : laver à l’eau potable, désinfecter avec un produit autorisé pour les végétaux à la bonne dose et le temps prévu, rincer abondamment ; puis égoutter, couvrir, étiqueter, ranger au froid. Un légume qui sera cuit se lave seulement.Eau de Javel à 2,6 % de chlore actif dont l’étiquette prévoit les fruits et légumes : 30 mL pour 50 litres d’eau froide ; au plus 80 mg de chlore libre par litre
Cuire à cœurLa cuisson est la seule étape qui détruit vraiment les bactéries ; elle ne vaut que si la température est atteinte au cœur du produit, ce que seule une sonde peut dire : sonde propre, plantée au centre de la pièce la plus épaisse, loin de l’os ; contrôles notés sur la fiche du jour.+71 °C à cœur, ou +70 °C pendant deux minutes, pour les viandes hachées ; volailles +70 °C au moins, sans rosé ; +63 °C est un minimum de maintien au chaud, pas une température de cuisson
Refroidir viteEntre +63 °C et +10 °C, les bactéries qui ont survécu à la cuisson se multiplient : cellule de refroidissement, sinon bacs peu profonds, bain d’eau glacée, portions ; jamais la marmite entière au froid. On écrit l’heure et la température en sortie de cuisson, puis à la fin du refroidissement.Restaurant traditionnel, cafétéria : moins de +6 °C à cœur en deux heures au plus (guide Restaurateur) ; restauration rapide : de +63 °C à moins de +10 °C en deux heures au plus
Congeler sur placeDes produits sains, dans le premier tiers de leur durée de vie ; jamais un produit décongelé, jamais un produit industriel acheté frais comme la viande hachée. Matériel adapté, plat cuit d’abord refroidi rapidement ; portions, suremballage fermé, sans air, à plat ; étiquette : nature, date de congélation, date limite, lot d’origine.3 mois au plus pour les produits gras, 6 mois pour les autres (les deux guides)
Remettre en température, tenir au chaudAu four de préférence, ou au micro-ondes ; on ne réchauffe que la quantité nécessaire, et une seule fois ; bain-marie, étuve ou armoire chaude réglés pour tenir le produit, petites quantités renouvelées, sonde pendant le service. Ce qui a été présenté au client ne retourne pas au froid ; un plat resté sous +63 °C ne se « remonte » pas : il est jeté.+63 °C au moins en moins d’une heure, puis maintien à +63 °C au moins
La liaison froideUn plat préparé à l’avance est refroidi vite, gardé à +3 °C au plus, couvert, étiqueté (nom, date de fabrication, date limite), puis servi froid ou remis en température une seule fois, servi le jour même. Sans l’heure de fin de cuisson, l’heure de fin de refroidissement et la date limite, le plat ne part pas au service.J+3 : au plus tard le troisième jour après la fabrication ; moins pour les œufs crus, le haché cru, les plats mixés
Servir froidVitrine réfrigérée réglée pour tenir les produits à leur température, contrôlée à la sonde ; buffet en petites quantités renouvelées, sur plaque réfrigérée ou lit de glace, un ustensile par plat ; vente à emporter : sandwiches et salades datés à l’heure, gardés au froid jusqu’à la vente.+3 °C pour les préparations ; ce qui a été exposé sans froid, ou servi en libre-service, est jeté à la fin du service
Afficher l’origine des viandes. Depuis 2002 pour le bœuf, et depuis le 19 février 2025 pour le porc, le mouton et la volaille, les restaurants indiquent l’origine des viandes qu’ils achètent crues et servent : sur la carte, l’ardoise ou un affichage visible dans la salle ; pour la vente à emporter, sur le support de commande. L’information vient de l’étiquette ou du bon de livraison du fournisseur ; on la recopie, on ne l’invente pas, et on la met à jour à chaque changement de fournisseur. Les viandes achetées déjà transformées ne sont pas concernées.
La culture de la sécurité alimentaire, et le bilan : mardi 6 h 45, la journée commence

Depuis 2021, le règlement européen demande à chaque établissement une culture de la sécurité alimentaire : un engagement visible du responsable, des rôles clairs, des moyens (thermomètres, lave-mains équipés, produits adaptés, temps prévu pour le nettoyage), et une parole libre : signaler un écart est encouragé, jamais puni, l’erreur cachée est la seule vraiment dangereuse. On accueille chaque nouveau, même un extra d’un soir, avec les règles de base et une personne à qui poser ses questions ; la fiche d’accueil signée est la preuve de formation que demandera l’inspecteur.

Mardi 6 h 45, La Cafétéria du Parc (libre-service). Bruno, Awa et trois employés polyvalents arrivent. Awa a gardé son jean et ses baskets, « juste pour les épluchures » ; un employé tousse et se mouche depuis la veille ; un autre porte une montre et une bague. À 7 h, le livreur de surgelés pose ses cartons devant la légumerie ; les steaks hachés mesurent −13 °C entre deux paquets. Dans la chambre froide, un bac de mijoté porte l’étiquette « fabriqué jeudi ».

La questionLa réponse
Qui entre en cuisine, et comment ?Awa se change entièrement ; montre et bague restent au casier ; l’employé enrhumé passe à la plonge et se lave les mains après chaque mouchage ; tous se lavent les mains selon la méthode affichée.
Où vont les cartons ?Ils restent à la réception, zone souillée : on décartonne là, jamais devant la légumerie ni en zone de préparation.
Que faire des steaks à −13 °C ?Les refuser : un surgelé doit être à −18 °C, et à −13 °C toute tolérance est dépassée (celle du guide s’arrête à −16 °C) ; le refus est écrit sur le bon de livraison.
Et le mijoté de jeudi ?Le jeter : fabriqué jeudi, il avait pour date limite dimanche (J+3) ; le tour des dates du soir aurait dû le retirer.
Chaque partie du module tient en un geste. On commence la journée par les gestes du personnel, on laisse les cartons à la réception, on contrôle chaque livraison à la sonde, et on fait le tour des dates chaque soir.
11 — Les ressources du module : vidéos et documents
Tout ce que le module projette en séance : les films et les pages, dans l’ordre où ils apparaissent. Aucun n’est copié ici ; chacun se lit à son adresse.
Cours de cuisine : le lavage des mains
TheFabcook · 2014 · 2 min 26

Un formateur de cuisine montre le lavage des mains à un lave-mains professionnel en inox, avec des essuie-mains en papier et une poubelle à pédale. À retenir : aucune cadence de service ne justifie de sauter un lavage des mains.

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youtu.be/ZvTfX13eafE

Marche en avant : transformer sa cuisine en forteresse sanitaire
BE’HACCP, La chaîne HACCP pour la restauration · 2025 · 5 min 05

Le principe de la marche en avant, la séparation des zones propres et des zones sales dans l’espace, puis son application dans le temps quand la place manque. À retenir : le sale ne croise jamais le propre.

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youtu.be/YGLSDTVn4QU

L’essentiel sur la prévention des risques chimiques
INRS, Institut national de recherche et de sécurité · 4 min 07

Comment repérer un produit dangereux par son étiquette, lire une fiche de données de sécurité, se protéger et stocker les produits. À retenir : l’étiquette et la fiche de sécurité se lisent avant la première utilisation ; les produits se rangent fermés, étiquetés, à part.

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www.inrs.fr/media.html?refINRS=Anim-482

Tri des biodéchets : ce qu’il faut savoir
Institut national de la consommation et ADEME, ConsoMag · 2024

Ce qu’est un biodéchet, pourquoi le tri à la source est obligatoire pour tous depuis le 1er janvier 2024, et ce que deviennent les déchets triés. À retenir : bac dédié, contrat de collecte ou composteur, et une preuve dans le classeur.

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www.inc-conso.fr/content/tri-des-biodechets-ce-quil-faut-savoir-avec-lademe

Lavage et décontamination des végétaux
Lycée Parc Saint-Jean (Toulon), chaîne CAP PSR · 2020 · 1 min 32

Une classe de CAP décontamine des carottes et des tomates à la légumerie : bac d’eau froide, produit chloré pour légumes dosé, cinq minutes de contact, puis trois rinçages. À retenir : on respecte la dose et le temps du fabricant, on rince toujours, puis on nettoie la légumerie.

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youtu.be/0Wto3zuQR8U

Le quiz du module 3
JMSA · quinze questions · dix minutes

Une seule bonne réponse par question, correction immédiate, score à la fin ; vous indiquez votre prénom et votre nom, et votre résultat est enregistré pour votre dossier de formation.

Faire le quiz →

quiz-harc-jmsa.pages.dev/module3

12 — Ce qu’il faut retenir
Le pointEn une phrase
1Le personnel d’abordTenue complète, gants bien utilisés, mains lavées aux bons moments selon la méthode affichée, maladie ou blessure déclarée.
2Marche en avant et zonesDu sale vers le propre sans retour ; une réserve pleine d’emballages est une zone souillée ; quand les murs manquent, l’horaire sépare.
3Nettoyer, désinfecter, protégerNettoyer puis désinfecter avec les quatre facteurs TACT et un plan signé ; produits rangés à part, nuisibles surveillés, eau potable, déchets triés.
4Réceptionner, c’est contrôlerTempérature à la sonde, dates, marques, emballages, commande ; ce qui n’est pas conforme est refusé ou isolé, et la décision s’écrit.
5Le froid, les dates, le rangementChaque famille à sa température ; tout produit ouvert ou fabriqué porte sa DLC secondaire ; le tour des dates se fait chaque soir.
6Décongeler, cuire, refroidir, servirDécongeler au froid ou par la cuisson ; +71 °C à cœur pour le haché, +70 °C pour la volaille ; refroidir en deux heures ; +63 °C au moins au service.
faites glisser le tableau vers la gauche →

Chaque page de ce module correspond à une tâche du quotidien, et chaque tâche laisse une trace écrite dans le classeur.

Ce module est le troisième des quatre de la formation. Les modules 1 et 2 vous ont appris les dangers et les règles ; celui-ci vous a donné les gestes de chaque jour : le personnel, les locaux, les produits de la réception à l’assiette. Le module 4 les rassemble dans la méthode HACCP et le plan de maîtrise sanitaire, le classeur qui prouve que ces gestes sont faits.
13 — Le quiz du module
Le quiz ferme le module. Il se fait en ligne, sur téléphone ou ordinateur, avec votre prénom et votre nom.
Quiz du module 3 — Les bonnes pratiques d’hygiène au quotidien
quinze questions, dix minutes, correction immédiate

Quinze questions dans l’ordre du module, une seule bonne réponse par question ; après chaque réponse, la correction s’affiche avec une explication. Le score apparaît à la fin, et votre résultat est enregistré pour votre dossier de formation : votre formateur le voit de son côté.

Faire le quiz →

quiz-harc-jmsa.pages.dev/module3

JMSA Formation Conseil · Formation spécifique en matière d’hygiène alimentaire adaptée à l’activité des établissements de restauration commerciale · Module 3